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Je me suis perdu dans le Vieux-Nice (et je ne l’oublierai pas)…

Je l’ai arpenté tôt le matin, mais aussi de manière impromptue en début de soirée (ndlr : un vol annulé, c’est une galère sans nom mais aussi une chance quand l’aéroport n’est pas très loin du centre, comme à Nice). J’ai d’abord parcouru la promenade du Paillon, depuis la place Masséna, à l’heure où les jeunes rejoignent leur lycée, où un type joue du pipeau de berger (?) tout seul sur un banc et où quelques vieilles dames promènent leur toutou blanc hors d’âge. J’ai marché jusqu’à la place Garibaldi, où je me suis demandé :

Suis-je en Provence ou en Italie ?

J’ai pas mal visité la première et j’ai vécu dans la seconde. On cherche des liens, forcément. Et puis, la réponse fusa presque aussitôt : c’est ni l’un, ni l’autre. C’est vraiment à part, Nice. Première révélation de la journée.

Direction la colline du Château. Je monte à pied. Ça casse un peu les pattes. Peut-être ai-je pris des tangentes sans le savoir ? En tout cas les petits chemins tournicotent entre les arbres. Je me crois arrivé au somment mais non, ça continue encore. Je tombe sans le chercher vraiment sur le cimetière du Château, le cimetière historique du Vieux-Nice, que de nombreuses personnalités ont choisi pour leur dernière demeure : le président de la République Léon Gambetta, l’industriel allemand Emil Jellinek (le fondateur de Mercedes) ou le papa d’Astérix René Goscinny.

Il n’y a personne un mardi à neuf heures du matin. Tout en haut, le kiosque est fermé. Un joggeur passe. C’est tout. J’ai le panorama pour moi tout seul. Waoh. La vue est somptueuse…

Le Vieux-Nice est là, juste en bas, avec le moutonnement de ses toits rouges. Il y a la grande ligne courbe, incontournable, de la promenade des Anglais, sa plage de galets gris, cette bande d’eau turquoise, puis les eaux bleu sombre de la baie des Anges. Tout au bout, dans l’axe, l’aéroport de Nice Côte d’Azur et son ballet d’avions qui braquent juste après le décollage pour éviter le survol de la ville.

Et puis derrière la ville, les collines escarpées de l’arrière-pays niçois et encore derrière, les premiers sommets enneigés des Alpes. Waoh (re). La mer, la montagne, le luxe, le populaire, l’ancien, le neuf… Tout est là en un coup d’œil.

De l’autre côté, la vue se déploie sur « l’autre Nice », celui du port Lympia, des ferries qui partent pour la Corse ou en arrivent, et au-delà, on devine la délicieuse langue de terre de Saint-Jean-Cap-Ferrat. De ce côté-là, la vue est sacrément plongeante (du côté vieille ville, les escarpements sont sûrement adoucis par les aménagements paysagers, comme la grande cascade par exemple).

Je redescends. Il est temps de plonger pour de bon dans le Vieux-Nice. Depuis la colline, j’ai compris qu’il fallait renoncer à se tracer un itinéraire précis. Je choisis des rues au hasard et je m’y perds tout de suite. Il ne correspondra à rien de ce que j’avais imaginé…

Les couleurs sont partout, tantôt proprettes, tantôt délavées. Il y a du linge qui pend aux fenêtres. On entend l’accent nissard à travers les volets de bois clos ou de biais. Il y a quelques agréables odeurs de cuisine, déjà. Pas un bobo en vue mais des artisans, des boucheries familiales, tout un petit monde qui semble vivre là depuis… depuis toujours en fait.

J’essaie de prendre quelques photos. C’est très dur. Les rues sont extrêmement étroites, elles sont soit dans l’ombre soit dans la lumière déjà écrasante (la lumière était plus douce quand j’y suis retourné en début de soirée). J’ai le vague sentiment que le Vieux-Nice se peint plus facilement qu’il se photographie.

Aucune rue n’est droite. Il y a des coudes, des escaliers, des jonctions, des placettes, des détours partout. La coupole de tuiles vernissées (à la mode de Gênes) de la cathédrale Sainte-Réparate est peut-être le seul point de repère qui vaille (quand on arrive à la voir bien sûr). Il n’y a rien de grandiloquent dans le Vieux-Nice, aucun monument majeur ou bouleversant ; c’est un ensemble préservé et vivant, plein de vie et de secrets. C’est vraiment le cœur de Nice.

Plus on s’y promène et plus on ralentit. On se surprend à vouloir prendre son temps, beaucoup de temps. Et puis surgit sans crier gare le palais Rusca, le cours Saleya. La mer n’est plus loin désormais. Les touristes sont là. La grande ville reprend ses droits.

Cher Vieux-Nice, tu m’as bien eu… 💛🧡❤


issu de l’article : https://www.carigami.fr/magazine/un-avant-gout-de-vacances/france/provence-cote-azur/vieux-nice.html

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